Presse

Inter­view de Chris­tine Kafan­do à Mont­pel­lier le 8/10/2021 :

Face­Book 21/5/21

https://www.facebook.com/101179737914951/posts/543399710359616/?vh=e

Radio France Inter­na­tio­nal : 08/05/2021

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/alors-on-dit-quoi/20210507-vivre-avec-le-vih-sida-au-burkina-faso

Minis­tère des Affaires étran­gères et euro­péennes, Luxem­bourg : 12/06/2020

https://fb.watch/2cOcD3SfxM/

ONUSIDA : Venir en aide à une géné­ra­tion oubliée :

10/17/2020

https://www.unaids.org/fr/resources/presscentre/featurestories/2019/march/burkina-faso_helping-the-forgotten-generation

Sur­plom­bant une foule de jeunes gens, Chris­tine Kafan­do les bom­barde de ques­tions.
Roland Sanou, Issa Diar­ra et Baba Cou­li­ba­ly par­ti­cipent à l’a­té­lier.
Jacin­ta Kie­nou, infir­mière membre de l’association depuis sa créa­tion, explique que deux grands pro­blèmes se posent : un cer­tain nombre de jeunes vivant avec le VIH ne prennent plus leur trai­te­ment régu­liè­re­ment et de nom­breux jeunes ne savent pas très bien com­ment gérer leurs relations. 

Au départ, AED avait pour objec­tif d’aider les femmes vivant avec le VIH à accé­der au trai­te­ment. Ensuite, elle s’est mise à aider les mères et leurs bébés nés avec le VIH. Quinze ans plus tard, bon nombre de ces enfants sont aujourd’hui des ado­les­cents qui passent encore de temps en temps. 
Hoho Kam­bi­ré, qui vit avec le VIH, a quatre enfants, dont deux vivent éga­le­ment avec le VIH. En tant que média­trice de san­té pour AED, elle parle des avan­tages de connaître son sta­tut à tous ceux qui veulent bien l’écouter. 
La res­pon­sable du Conseil natio­nal de lutte contre le sida pour Bobo-Diou­las­so et la région envi­ron­nante, Suzanne Sidi­bé, ajoute : « Nous avons per­du de vue les enfants nés avec le VIH. Notre objec­tif, avec l’aide de l’Association Espoir pour Demain, est de nous déployer auprès des familles par l’intermédiaire de média­teurs de san­té ».
L’ONUSIDA a ren­for­cé les capa­ci­tés des média­teurs de san­té afin d’élargir leur champ d’intervention, qui va du conseil psy­cho­so­cial à la for­ma­tion sur l’observance du traitement. 

REPORTAGE : Venir en aide à une géné­ra­tion oubliée 25 MARS 2019

Face à de nom­breux jeunes gens, Chris­tine Kafan­do mul­ti­plie les ques­tions.
« Res­sen­tez-vous une pres­sion de la part des autres gar­çons et filles ? » « Vous sen­tez-vous aban­don­nés à cause de la pau­vre­té ? » « Avez-vous toutes les infor­ma­tions dont vous avez besoin concer­nant votre san­té et le VIH ? Sinon, deman­dez-moi, deman­dez à vos par­te­naires, deman­dez ! OK ? »
Par­mi la qua­ran­taine de gar­çons et de filles cer­tains acquiescent et d’autres haussent les épaules. Tous sont là pour un ate­lier orga­ni­sé par l’Association Espoir pour Demain (AED) à Bobo-Diou­las­so, au Bur­ki­na Faso, qui vise à créer un espace réser­vé aux jeunes pour qu’ils puissent en apprendre davan­tage sur leur san­té sexuelle et pour en for­mer quelques-uns afin qu’ils deviennent pairs-édu­ca­teurs.
« Après avoir vu plu­sieurs jeunes étu­diantes venir vers nous enceintes, nous avons sen­ti qu’il était néces­saire de lan­cer ces ate­liers », explique Mme Kafan­do, la fon­da­trice d’AED.
Pour Issa Diar­ra l’atelier a per­mis d’entamer le dia­logue. « Dans notre socié­té, nous ne par­lons pas vrai­ment beau­coup de sexe, ni même de san­té, mais ici nous avons réel­le­ment la chance de par­ler de tout ça », explique-t-il. Un point de vue par­ta­gé par Roland Sanou: « Aujourd’hui, le sexe reste tabou pour les jeunes, mais je ne veux pas que ça reste comme ça ».
Beau­coup d’entre eux estiment que l’é­poque a evo­lué, et que la façon dont ils pensent est dif­fé­rente de celle de leurs parents. « Aujourd’­hui, notre géne­ra­tion est consciente de ce qu’elle veut et nous savons que le fait de tom­ber malade peut nous empê­cher de réa­li­ser nos rêves, et c’est pour ça que nous nous mobi­li­sons », raconte Baba Cou­li­ba­ly.
Au départ, AED avait pour objec­tif de faci­li­ter l’ac­cès des femmes vivant avec le VIH  au trai­te­ment. Ensuite, l’as­so­cia­tion s’est mise à aider les mères et leurs bébés nés avec le VIH. Quinze ans plus tard, bon nombre de ces enfants deve­nus des ado­les­cents viennent encore de temps en temps. En fai­sant le bilan de ses vingt années d’activisme sur le VIH, Mme Kafan­do consi­dère que: « Depuis de nom­breuses années, les femmes sont le visage du VIH, mais qu’il est cru­cial d’impliquer les hommes et les gar­çons pour les sen­si­bi­li­ser davan­tage ».
Pour Jacin­ta Kie­nou, infir­mière membre de l’association depuis sa créa­tion, deux grands pro­blèmes se posent: un cer­tain nombre de jeunes vivant avec le VIH ne prennent plus leur trai­te­ment régu­liè­re­ment et de nom­breux jeunes ne savent pas très bien com­ment gérer leurs rela­tions sen­ti­men­tales.
« Comme ils vivent avec le VIH et qu’ils sont jeunes, beau­coup de pro­blèmes appa­raissent au moment de leurs rap­ports amou­reux, et se pose la ques­tion de l’acceptation par les autres à pro­pos de leur séro­po­si­ti­vi­té», explique-t-elle. «Nous don­nons des conseils aux jeunes et à leurs parents en même temps », ajoute-t-elle.

Au Bur­ki­na Faso, les jeunes repré­sentent plus de 60 % de la popu­la­tion et les don­nées indiquent que beau­coup d’entre eux ignorent leur état séro­lo­gique. André Kabo­ré, Res­pon­sable de l’information stra­té­gique à l’ONUSIDA, décrit deux pro­blèmes concer­nant les jeunes. « Mal­gré un trai­te­ment de haute qua­li­té faci­le­ment dis­po­nible, il y a encore des enfants ici qui ne savent pas qu’ils vivent avec le VIH. Pire encore, bon nombre de ceux qui savent qu’ils vivent avec le VIH n’ont pas accès au trai­te­ment », déclare-t-il.
Dans ce pays, 94 000 per­sonnes vivent avec le virus, dont 9 400 sont des enfants de moins de 15 ans. Alors que 65 % des adultes vivant avec le VIH prennent un trai­te­ment anti­ré­tro­vi­ral qui leur sauve la vie, les enfants ne sont que 28 %.  Seulemtent 3 500 sont sous trai­te­ment. Mme Kafan­do les a bap­ti­sés la géné­ra­tion oubliée. « Ils sont pas­sés à tra­vers les mailles du filet parce que jusqu’à pré­sent, ils n’ont jamais été malades ou n’ont jamais eu besoin de soins, et donc ils n’ont jamais été dépis­tés », explique-t-elle.
La res­pon­sable du Conseil natio­nal de lutte contre le sida pour Bobo-Diou­las­so et la région des Hauts-Bas­sins, Suzanne Sidi­bé, ajoute : « Nous avons per­du de vue les enfants nés avec le VIH. Notre objec­tif, avec l’aide de l’Association Espoir pour Demain (AED), est d’al­ler à l’en­contre des familles avec l’aide des média­trices de san­té ».
Hoho Kam­bi­ré, qui vit avec le VIH, a quatre enfants, dont deux sont séro­po­si­tifs. Elle fait par­tie de ces média­trices et rend visite aux familles, accom­pagne les femmes dans les dis­pen­saires et leur apporte son sou­tien.
« Il est néces­saire de faire dépis­ter tous les enfants pour savoir les­quels sont malades et les­quels ne le sont pas et pou­voir les suivre afin qu’ils res­tent en bonne san­té », explique-t-elle. AED dis­pose aujourd’hui de plus de 50 média­teurs de san­té, la plu­part étant des femmes comme Mme Kam­bi­ré, venue ini­tia­le­ment à l’association pour sol­li­ci­ter son aide.
Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’ONUSIDA sou­tiennent AED finan­ciè­re­ment. Mireille Cis­sé, spé­cia­liste du VIH à l’UNICEF, explique qu’au Bur­ki­na Faso, les Nations Unies ont iden­ti­fié les prin­ci­pales prio­ri­tés de la riposte au sida dans le pays.  Le tra­vail avec la socié­té civile est l’une des pierres angu­laires.
« Nous avons conve­nu qu’un lien devait être éta­bli avec les com­mu­nau­tés, car elles repré­sentent notre point d’entrée dans les familles », indique-t-elle. L’UNICEF qui apporte un sou­tien finan­cier à ses média­trices œuvre main dans la main avec le bureau régio­nal du Minis­tère de la San­té.
« Une véri­table vic­toire pour nous a été de voir les média­teurs de san­té être inté­grés dans les équipes sani­taires des dis­tricts », se réjouit Mme Cis­sé. « Cette recon­nais­sance a réel­le­ment faci­li­té le rôle des médiatrices ».

​L’ONUSIDA a ren­for­cé les capa­ci­tés des média­teurs de san­té afin d’élargir leur champ d’intervention, qui va du conseil psy­cho­so­cial à la for­ma­tion sur l’observance du trai­te­ment. « Main­te­nir nos pro­grès dans la riposte au VIH et en finir avec le sida dépend beau­coup de la socié­té civile, comme avec l’Association Espoir pour Demain », déclare Job Sag­bo­han, Direc­teur natio­nal de l’ONUSIDA. « Nous espé­rons vrai­ment avoir un impact maxi­mum ».
RÉGION/PAYS

Christine Kafando : « Les pays du Nord ont délaissé les pays du Sud »


10/17/2020

Trans­ver­sal­mag
01/06/2016 — Par Anaïs Giroux  3 min


Pré­si­dente d’Espoir pour demain, celle qui coor­donne aus­si la Mai­son des asso­cia­tions est la pre­mière femme bur­ki­na­bé à avoir témoi­gné de sa séro­po­si­ti­vi­té à visage décou­vert. Elle se penche sur la notion de « com­mu­nau­té inter­na­tio­nale » des acteurs de la lutte.

Vincent Iso­ré­Por­trait de Chris­tine Kafan­do, pré­si­dente d’Es­poir pour demain.
 ENTRETIEN« La confron­ta­tion aux ravages du sida a créé une com­mu­nau­té d’expérience »
Retour avec le socio-anthro­po­logue Chris­tophe Bro­qua sur l’évolution de la notion de « com­mu­nau­té » par­mi les per­sonnes atteintes et les acteurs de la lutte contre le VIH/sida.
La com­mu­nau­té VIH/sida sau­ra-t-elle se renou­ve­ler ?
En trente ans de com­bat, les acteurs de la lutte contre le VIH/sida ont créé ensemble un modèle unique en son genre. Un modèle qu’il leur faut aujourd’hui repen­ser.L’engagement com­mu­nau­taire que j’ai connu au Bur­ki­na Faso était, en son temps, un enga­ge­ment per­son­nel, por­té par des per­sonnes qui n’attendaient pas for­cé­ment un salaire en retour. Cette mobi­li­sa­tion a atti­ré l’attention des auto­ri­tés poli­tiques et des bailleurs de fonds, qui sont venus sou­te­nir la com­mu­nau­té. Mais les par­te­naires finan­ciers ont ensuite essayé de tout reca­drer, met­tant les asso­cia­tifs face à des exi­gences aux­quelles ils n’avaient pas les moyens de répondre. Ils veulent aujourd’hui des résul­tats spec­ta­cu­laires mais ne motivent pas ceux qui peuvent tra­vailler à les don­ner, puisqu’il n’y a plus d’argent pour main­te­nir les actions. Lors des ren­contres de concer­ta­tion de la Mai­son des asso­cia­tions, elles sont nom­breuses à expri­mer leur las­si­tude. Les vrais acteurs ne se sentent plus prêts à conti­nuer le com­bat.
Les vrais acteurs ne se sentent plus prêts à conti­nuer le com­bat
Les pays du Nord ont délais­sé les pays du Sud. Excep­té quelques par­te­naires qui gardent un lien fort, la com­mu­nau­té Nord-Sud s’est dis­per­sée et je ne res­sens plus cette volon­té de réflé­chir et de tra­vailler ensemble. Il faut dire que la situa­tion socio­po­li­tique dans nos pays d’Afrique ne favo­rise pas le main­tien des rela­tions. Je m’interroge aus­si : est-ce dû à la baisse de la pré­va­lence dans les pays d’Afrique ? Quand je vois chaque jour les files actives des asso­cia­tions aug­men­ter, je me demande si cette baisse existe vrai­ment. Peut-être, tout sim­ple­ment, que le VIH est une mala­die sur le long terme, et que les acteurs sont aujourd’hui essouf­flés et lâchent un peu, avec de graves consé­quences pour l’épidémie qui repart à la hausse.
Ecrire l’histoire de la lutteJ’ai été la pre­mière femme bur­ki­na­bé séro­po­si­tive à témoi­gner à visage décou­vert, et je conti­nue de le faire aujourd’hui. Les jeunes récem­ment conta­mi­nés sont réti­cents à témoi­gner, pour­tant le mes­sage de pré­ven­tion passe mieux par les pairs au sein de la même géné­ra­tion. Il faut donc que les « anciens » comme moi les accom­pagnent pour qu’ils puissent prendre la relève. Mais pour cela, ils doivent com­prendre ce qui s’est pas­sé. Com­prendre com­bien la riposte au VIH a appor­té à nos sys­tèmes de san­té. Or, nulle part nous n’écrivons l’histoire de la lutte contre le VIH/sida en Afrique. 

Magazine du PAMAC Octobre-Novembre-Décembre 2014

10/1/2014

http://pamac.org/index.php/zoo/telechargements/category/3‑magazine-du-pamac?download=8:dernier-numero-magazine-pama

10/1/2014

Bur­ki­na Faso – Lutte contre le VIH-SIDA / Madame Chris­tine Kafan­do (Pré­si­dente de l’Association Espoir pour Demain) : Une vie de don de soi

1 Com­men­taire

A entendre la cause à laquelle elle voue sa vie, on ne sait quel por­trait phy­sique et psy­cho­lo­gique peindre a prio­ri de madame Chris­tine Kafan­do. Est-ce une femme phy­si­que­ment défaite ? Est-ce une femme affli­gée ? Puis, on la voit. Et on découvre une femme d’une grande pres­tance, une femme épa­nouie qui déborde de vie et com­mu­nique sa joie de vivre. Une femme qui, pour don­ner espoir, com­mence par l’incarner elle-même.

Madame Chris­tine Kafan­do, une femme dont la vie et l’engagement redonnent espoir dans le com­bat contre le VIH-SIDA.

17 ans qu’elle mène sans relâche le com­bat contre la pan­dé­mie du VIH-SIDA. 17 ans qu’elle a déci­dé de ne pas se reclure dans son coin de déses­poir, mais de mar­cher à la tête de cette lutte.
Édu­ca­trice pré­sco­laire pour vivre plei­ne­ment son amour pour les enfants, à Bobo-Diou­las­so où elle est reve­nue vivre dans les années 1990 après Abid­jan, elle s’investit déjà dans l’encadrement des enfants de la rue. C’est cette même éner­gie du don de soi qu’elle for­ma­li­se­ra encore plus dans son enga­ge­ment pour la lutte contre la pan­dé­mie du VIH-SIDA au Bur­ki­na Faso.
A la fin des années 90, madame Chris­tine Kafan­do intègre l’association Res­pon­sa­bi­li­té Espoir Soli­da­ri­té qui regroupe des per­sonnes affec­tées ou infec­tées par le VIH. Par ces temps–là où la stig­ma­ti­sa­tion bat­tait encore son plein, il est très active dans le sui­vi psy­cho­so­cial des patients qui peuvent par son action mieux com­prendre et accep­ter leur état. Elle s’engage alors plei­ne­ment dans ser­vice médi­co­so­cial du CHU de Bobo-Diou­las­so aux côtés du doc­teur Adrien Sawa­do­go et au Centre ano­nyme de dépis­tage et d’information, le CADI.
Au vu de son enga­ge­ment, en 2001, madame Chris­tine Kafan­do est nom­mée Repré­sen­tante des per­sonnes vivant avec le VIH. Puis, en 2003, elle crée l’association ESPOIR POUR DEMAIN. Son enga­ge­ment va alors prendre une ampli­tude sans com­mune mesure. Rapi­de­ment, cette struc­ture s’impose comme la réfé­rence en matière de lutte contre le VIH-SIDA notam­ment pour la pré­ven­tion de la trans­mis­sion mère-enfant. Mais dans le même temps, le visage de madame Chris­tine Kafan­do s’imprime avec plus de pro­fon­deur sur le com­bat contre la pan­dé­mie. En 2004, elle est ain­si dési­gnée pré­si­dente de la Mai­son des asso­cia­tions de lutte contre le SIDA qui regroupe en son sein 110 asso­cia­tions. En 2008, elle est encore là comme membre fon­da­teur de la Coa­li­tion des réseaux et asso­cia­tions bur­ki­na­bé de lutte contre le SIDA et la pro­mo­tion de la san­té.
Mais le com­bat de madame Chris­tine Kafan­do a tel reten­tis­se­ment qu’elle est deve­nue une des figures sym­boles de cette Afrique conqué­rante qui a déci­dé de prendre elle-même son des­tin en main face au VIH-SIDA. Elle est alors admise auprès des plus hautes per­son­na­li­tés du monde impli­quées dans cette lutte et dans les cercles spé­cia­li­sés les plus en pointe de cette lutte. Madame Chris­tine Kafan­do est ain­si l’invité du pré­sident fran­çais Jacques Chi­rac en 2006 à New York au lan­ce­ment du pro­gramme UNITAID en pré­sence de l’ancien pré­sident amé­ri­cain, Bill Clin­ton, puis en 2007, elle fera encore l’objet de la même atten­tion pour le forum ‘’Afrique à venir’’ à Cannes où elle fait par­tie de 60 lea­ders afri­cains repré­sen­tant le conti­nent. Elle par­ti­ci­pe­ra aus­si aux confé­rences inter­na­tio­nales sur le SIDA à Bar­ce­lone, en 2002, Bang­kok en 2004, Toron­to en 2006, Mexi­co en 2008. Fort de son enga­ge­ment et de son audience inter­na­tio­nale, madame Chris­tine Kafan­do a été coop­tée comme membre de l’Agence natio­nale de recherche sur le SIDA en France.
Toute cette audience, elle la doit à l’engagement sans conces­sion de l’ASSOCIATION ESPOIR POUR DEMAIN qui a don­né un conte­nu plus trans­ver­sal au cor­pus de sa stra­té­gie de lutte contre la pan­dé­mie. Ini­tia­le­ment orien­tée contre la trans­mis­sion mère-enfant, cette stra­té­gie s’est lar­ge­ment éten­due pour prendre en com­prendre tous les aspects de l’impact de la mala­die. La prise en charge prise en charge médi­co-psy­cho-sociale en est ain­si deve­nue l’élément cen­trale, mais aus­si les cam­pagnes de pré­ven­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion et mêmes l’aide à la créa­tion d’activités géné­ra­trices de reve­nus pour les per­sonnes infec­tées et leurs familles.
Cette démarche a ren­con­tré l’assentiment d’innombrables per­sonnes et struc­tures qui apportent mas­si­ve­ment des aides en tous genres à ASSOCIATION ESPOIR POUR DEMAIN : l’Etat bur­ki­na­bé à tra­vers ses struc­tures spé­cia­li­sées, des clubs ser­vices, des asso­cia­tions, des orga­nismes inter­na­tio­naux, des labo­ra­toires médi­caux, l’industrie phar­ma­ceu­tique, des entre­prises, des centre de coopé­ra­tions, des indi­vi­dus, etc. Le reten­tis­se­ment de l’engagement de madame Chris­tine Kafan­do lui a valu plu­sieurs actes de recon­nais­sance.
Rete­nons ici qu’elle a été éle­vée au grade de Che­va­lier de l’Ordre natio­nal du mérite du Bur­ki­na Faso, Agrafe San­té et Che­va­lier de la Légion d’Honneur de la Répu­blique fran­çaise.

Por­trait signé John G. Gogoua­hi
Source : http://echodusud.com/2014/10/burkina-faso-lutte-contre-le-vih-sida-madame-christine-kafando-presidente-de-lassociation-espo

ir-pour-demain-une-vie-de-don-de-soi/

SIDA : Témoigner pour mieux soigner

1/9/2014

Des Africaines brisent la loi du silence sur le sida

11/29/2013

Dans un pays où le sida est encore tabou, des femmes témoignent de leur vie avec le VIH pour encou­ra­ger les patients à bien suivre le trai­te­ment

«Pen­dant plu­sieurs années, j’ai aidé mon mari, malade, à prendre des médi­ca­ments sans savoir que c’étaient des anti­ré­tro­vi­raux (ARV). En 2007, alors que j’étais enceinte de jumeaux, il m’a inter­dit d’aller en consul­ta­tion pré­na­tale pour évi­ter que je me fasse dépis­ter. Mes bébés n’ont pas sur­vé­cu. J’ai fini par faire le test en 2009: il était posi­tif. Mon mari a recon­nu qu’il était infec­té. Il est décé­dé peu après.»
Alors qu’on célèbre dimanche la Jour­née mon­diale de lutte contre le sida, l’histoire d’Aïsha* résume les ravages du silence qui entoure encore cette épi­dé­mie au Bur­ki­na Faso, pays d’Afrique de l’Ouest où le taux de pré­va­lence du VIH est pas­sé de 7% en 1997 à 1% en 2010, selon l’Onusida (contre 0,4% en Suisse). Une mala­die hon­teuse, assi­mi­lée à la débauche sexuelle. Une mala­die qui fait peur. «Le mot sida, c’est tabou, indique José­phine*, séro­po­si­tive de 42 ans. Si tu dis que tu es infec­tée, tu es reje­tée. Per­sonne ne veut boire ou man­ger avec toi. ­Celles qui cui­sinent pour vendre dans la rue perdent leurs clients.» Sou­vent, les femmes n’osent pas en par­ler à leur mari. Beau­coup ont été chas­sées de leur foyer.
A 27 ans, Aïsha suit désor­mais un trai­te­ment anti­ré­tro­vi­ral, gra­tuit. Elle va bien. Elle a inté­gré l’équipe de 40 média­trices envoyées par l’Association espoir pour demain (AED) dans les struc­tures médi­cales de Bobo-Diou­las­so, la deuxième ville du pays. For­mées par des méde­cins et des psy­cho­logues, ces femmes – pour cer­taines séro­po­si­tives comme Aïsha – assurent la sen­si­bi­li­sa­tion au dépis­tage, accom­pagnent les per­sonnes vivant avec le VIH et annoncent le résul­tat du test. Un rôle cru­cial. «Il ne suf­fit pas de don­ner un trai­te­ment, il faut beau­coup échan­ger pour ame­ner les patients à le suivre cor­rec­te­ment, à ne pas renon­cer», estime Chris­tine Kafan­do, qui a fon­dé AED pour sou­te­nir les enfants et les mères infec­tés.

Sur­mon­ter la peur

Pre­mière femme à dévoi­ler publi­que­ment sa séro­po­si­ti­vi­té au Bur­ki­na, cette «grande gueule» a fait de la parole une arme contre le sida en témoi­gnant, dès 1997, auprès des malades dépis­tés. «A l’annonce du résul­tat, cer­tains res­tent sidé­rés. Il faut quelqu’un pour leur tenir la main, leur dire: moi aus­si, j’ai le virus, et pour­tant je vis», note le Dr Adrien Sawa­do­go, res­pon­sable de l’hôpital de jour dédié à la prise en charge du VIH à Bobo-Diou­las­so, qui a for­te­ment impli­qué les asso­cia­tions de malades dans son ser­vice.
Dje­na­ba*, média­trice de 40 ans, a adop­té une phrase clé: «Si tu prends bien tes ARV, tu seras en bonne san­té comme moi.» Cer­tains ont du mal à croire que cette mère de quatre enfants, épa­nouie et joyeuse, est séro­po­si­tive: «Ils m’invitent par­fois à la mai­son pour voir si je vais man­ger avec eux. Je montre mes ARV. Je deviens une confi­dente.»
Les média­trices sont deve­nues incon­tour­nables. «Elles sont plus dis­crètes, plus habiles pour mettre les patientes à l’aise et les encou­ra­ger à accep­ter le trai­te­ment», constate Zamié­ta Zam­bé­lon­go, méde­cin-chef d’un hôpi­tal de Bobo-Diou­las­so. Depuis l’arrivée des ARV, en 2000, l’annonce de l’infection n’est plus syno­nyme de mort cer­taine. Mais dis­si­mu­ler sa mala­die à son entou­rage n’aide pas à res­pec­ter la prise de médi­ca­ments deux ou trois fois par jour à heure fixe.
Dje­na­ba sait qu’on ne peut vaincre seul la mala­die: «Sans Chris­tine Kafan­do, je ne serais plus là. Elle m’a aidée à sur­mon­ter ma peur, à vivre avec le VIH.» C’est pour­quoi elle témoigne à son tour aujour­d’hui… tout en veillant à ce que son secret ne sorte pas de l’intimité de l’association ou de la salle de consul­ta­tion. Seuls son mari et sa mère sont au cou­rant. Les média­trices sont des femmes comme les autres.
* Pré­noms fic­tifs
Source : http://www.letemps.ch/monde/2013/11/29/africaines-brisent-loi-silence-sida

Un nouveau projet pour réduire le taux de létalité de 5%

7/10/2012

Femmes et familles séro­po­si­tives de Bobo-Diou­las­so /
lun­di, 9 juillet 2012

L’association «  Espoir pour demain  » a orga­ni­sé une ren­contre, le ven­dre­di 6 juillet 2012 à Bobo-Diou­las­so. Elle a regrou­pé une qua­ran­taine de par­ti­ci­pants, com­po­sés de par­te­naires, de repré­sen­tants de struc­tures de lutte contre le VIH/Sida, et ceux des for­ma­tions sani­taires. L’objectif est d’appeler à une conju­gai­son des efforts, en vue de réduire le nombre de per­sonnes affec­tées et infec­tées.
 « Ren­for­ce­ment du conti­nuum de soins pour la prise en charge pédia­trique dans la ville de Bobo-Diou­las­so  », est un pro­jet né du par­te­na­riat entre l’UNICEF et l’Association espoir pour demain (AED) qui est à sa deuxième phase. C’est ce pro­jet que l’AED a pré­sen­té à des struc­tures-sœurs, ain­si qu’à ses par­te­naires et aux for­ma­tions sani­taires, au cours d’un ate­lier le 6 juillet der­nier. A cet effet, les dif­fé­rents expo­sés ont été sui­vis de dis­cus­sions, ce qui a per­mis de faire une syn­thèse et des recom­man­da­tions en vue de ren­for­cer le sys­tème d’information glo­bale, et de docu­men­ta­tion des inter­ven­tions rela­tives au pro­jet. L’initiative compte, dans son plan d’action, amé­lio­rer l’observance aux trai­te­ments ARV des couples-mères enfants infec­tés par le VIH, le sui­vi médi­cal, la réa­li­sa­tion du bilan bio­lo­gique pour les enfants. Il est aus­si pré­vu d’offrir le conseil-dépis­tage VIH, le sou­tien psy­cho­lo­gique aux enfants infec­tés et mal­nu­tris réfé­rés au centre de réha­bi­li­ta­tion et d’éducation nutri­tion­nel de la zone d’intervention, ain­si qu’aux membres de leurs familles. Enfin, le pro­jet entend ren­for­cer la sur­vie et le déve­lop­pe­ment de l’enfant. L’atteinte de ces objec­tifs appelle l’implication de l’ensemble des acteurs concer­nés. Et cet ate­lier visait donc à lever les bar­rières pour per­mettre une franche col­la­bo­ra­tion entre ceux-ci. «  Nous consta­tons qu’entre les asso­cia­tions de lutte et les for­ma­tions sani­taires, il y a une concur­rence », a affir­mé la pré­si­dente de l’AED, Chris­tine Kafan­do. Une situa­tion qui n’a pas sa rai­son d’être car à son avis, ils sont com­plé­men­taires parce qu’autant les centres de san­té ont besoin d’eux, autant eux aus­si ont besoin de ces der­niers dans ce com­bat. «  Il y a long­temps que nous avons mar­ché seuls, mais aujourd’hui, nous vou­lons faire che­min avec toutes les asso­cia­tions de lutte », sou­tient-elle, à pro­pos des asso­cia­tions-sœurs aux­quelles elle tend la main. Par ailleurs, Mme Kafan­do a indi­qué que le pro­jet ambi­tionne d’accompagner envi­ron 650 enfants et faci­li­ter le test de dépis­tage à 10.000 femmes de la ville, qui n’ont pas tou­jours l’accord de leur mari pour le faire. Venus repré­sen­ter la direc­tion régio­nale de la san­té (DRS) et l’antenne régio­nale du Secré­ta­riat per­ma­nent du Conseil natio­nal de lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS), Alain Hien et René Kabo­ré­gou, ont trans­mis les espoirs de leurs struc­tures vis-à-vis de ce pro­jet. Au nom de leurs res­pon­sables res­pec­tifs, ils ont affir­mé la dis­po­ni­bi­li­té de la DRS et du SP/CNLS à appor­ter le sou­tien néces­saire à l’accomplissement de la mis­sion du pro­jet. «  Que cet enfant qui est né puisse ren­for­cer la col­la­bo­ra­tion entre les struc­tures sani­taires et les asso­cia­tions qui militent dans le sens de la réduc­tion du taux de léta­li­té  », a conclu M. Hien.
Tiel­mè Inno­cent KAMBIRE
 
http://www.sidwaya.bf/quotidien/spip.php?article6297/

Burkina Faso: Association espoir pour demain — Les USA, un partenaire de choix dans la lutte contre le sida

3/20/2012

Par Raba­lyan Paul Oué­drao­go, 20 Mars 2012
L’As­so­cia­tion espoir pour demain à Bobo-Diou­las­so a béné­fi­cié de la part des Etats-Unis, d’un finan­ce­ment d’en­vi­ron cin­quante mil­lions de F CFA pour un pro­jet entrant dans la lutte contre le Sida. Le char­gé d’af­faires de l’am­bas­sade, Chris­to­pher Davis en visite à cette struc­ture, s’est dit satis­fait des résul­tats, ven­dre­di 16 mars 2012.

En visite à l’As­so­cia­tion espoir pour demain (AED), le char­gé d’af­faires de l’am­bas­sade des Etats-Unis d’A­mé­rique, Chris­to­pher Davis, a eu droit à des témoi­gnages poi­gnants de per­sonnes vivant avec le VIH/Sida. Zena­bou Séré, son bébé de trois mois dans les bras, a for­cé le silence dans la salle de ren­contre par son aveu.
Jeune femme de 22 ans, elle a fait com­prendre qu’elle est séro­po­si­tive. Grâce à AED, elle a pu mettre au monde un enfant séro­né­ga­tif, a‑t-elle expli­qué, les larmes aux yeux. Elle a deman­dé au char­gé d’af­faires de venir en aide aux per­sonnes vivant avec le Sida.
Une autre femme, Sali­ma­ta Sawa­do­go, séro­po­si­tive a expli­qué aux visi­teurs, com­ment elle s’in­ves­tit dans la sen­si­bi­li­sa­tion. La méthode porte-à-porte est l’une de ses stra­té­gies. Elle consiste à aller dans les familles, ren­con­trer des groupes de jeunes ou dans les caba­rets pour dif­fu­ser l’in­for­ma­tion.
Il y est ques­tion de com­ment uti­li­ser les pré­ser­va­tifs, l’in­té­rêt de faire le test de dépis­tage, et sur­tout des conseils pour une sexua­li­té res­pon­sable et sans risque. Chose qui n’est pas sans dif­fi­cul­té, puisque Sali­ma­ta Sawa­do­go est sou­vent vic­time de rejet de la part de cer­tains groupes.
Si l’AED arrive à accueillir des per­sonnes vivant avec le Sida, de faire de la lutte contre ce fléau son che­val de bataille, c’est en par­tie grâce au sou­tien, dont elle a béné­fi­cié de la part des Etats-Unis pour son pro­jet :
« Ren­for­ce­ment de la prise en charge psy­cho­so­ciale, médi­cale, nutri­tion­nelle et sociale chez la m_re, l’en­fant et l’a­do­les­cent, infectés/affectés par le VIH-Sida dans la ville de Bobo-Diou­las­so et envi­ron­nant ».
Débu­té en mai 2011, il prend fin en avril 2012. Il a pour objec­tif, l’a­mé­lio­ra­tion des condi­tions de vie des femmes et des enfants infec­tés ou affec­tés par le Sida.
Selon le char­gé des pro­grammes de l’AED, Jaques Sano­go qui a pré­sen­té les résul­tats atteints au char­gé d’af­faires de l’am­bas­sade des Etats-Unis, Chris­to­pher Davis, plu­sieurs acti­vi­tés ont été menées : outre la sen­si­bi­li­sa­tion, il y a les exa­mens bio­lo­giques, la consul­ta­tion psy­cho­lo­gique des malades, la for­ma­tion des femmes et la prise en charge ali­men­taire des enfants.
A cela s’a­joute la visite à domi­cile des per­sonnes malades du Sida. Tou­jours dans le cadre de ce pro­jet, une cam­pagne de dépis­tage en direc­tion des hommes a été faite. Ain­si plus de 50% des acti­vi­tés ont été réa­li­sées selon la pré­si­dente d’AED, Chris­tine Kafan­do.
Ain­si, le char­gé d’af­faires de l’am­bas­sade des Etats-Unis a jugé les résul­tats satis­fai­sants. Il pense même déjà à voir com­ment renou­ve­ler le contrat qui s’a­chève bien­tôt.
« Tout ce que AED fait est très impor­tant. Nous sommes sur une étude de la pos­si­bi­li­té, de pour­voir conti­nuer de sou­te­nir l’As­so­cia­tion », a lais­sé entendre Chris­to­pher Davis. Le tra­vail abat­tu par EAD est appré­cié par le conseil natio­nal de lutte contre le Sida.
La chef d’an­tenne de la région des Hauts-Bas­sins, Suzane Sidi­bé, a décla­ré qu’AED est bien recon­nue par le SP/CNLS, au regard des actions menées.
Selon elle, l’As­so­cia­tion béné­fi­cie déjà du sou­tien du SP/CNLS, qui reste tout de même insuf­fi­sant. De fait, elle a loué le dyna­misme de l’AED, qui arrive à déve­lop­per des ini­tia­tives pour mobi­li­ser plus de fonds.
C’est dans ce même dyna­misme que la pré­si­dente de l’AED, Chris­tine Kafan­do, pense à aller vers d’autres par­te­naires finan­ciers, en com­men­çant par le gou­ver­ne­ment du Bur­ki­na Faso. « Avec le pro­jet, d’autres besoin ont été sus­ci­tés » dit-elle.
En atten­dant, Chris­tine Kafan­do a appré­cié la démarche du repré­sen­tant de leur bailleur dans le cadre de leur pro­jet. Elle a sou­hai­té que tous les par­te­naires finan­ciers songent à aller sur le ter­rain et consta­ter la bonne ges­tion des fonds alloués. C’est une marque d’in­té­rêt pour le tra­vail, pense-t-elle.
A ce jour, envi­ron 750 femmes fré­quentent l’As­so­cia­tion et 1 250 enfants orphe­lins ou vivant avec le Sida, ont été pris en charge, depuis sa créa­tion en 2003. 50 hommes ont mar­qué leur adhé­sion à la struc­ture.
 
Source : http://fr.allafrica.com/stories/201203210885.html

Mobilisation pour un monde sans sida chez les enfants. Une femme debout face au sida. Christine Kafando, Présidente de l’association Espoir pour demain

11/29/2011

Par Bien­vault Pierre, le 29/11/2011 à 0h00

Chris­tine Kafan­do, Pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Espoir pour demain.
Chris­tine Kafan­do a été la pre­mière femme séro­po­si­tive à témoi­gner à visage décou­vert au Bur­ki­na Faso.

Très enga­gée sur les pro­grammes mère-enfant, cette mili­tante se bat aus­si pour les droits des femmes vivant avec le VIH.
C’est une femme en colère. « Tous les jours, je vais dans le ser­vice de pédia­trie de l’hô­pi­tal de Bobo-Diou­las­so. Et, régu­liè­re­ment, je vois que des enfants y naissent encore avec le virus du sida. Je vois aus­si tou­jours des enfants qui meurent de la mala­die. Et cela me rend folle. Parce que, aujourd’­hui, on aurait les moyens d’é­vi­ter tous ces drames. » Chris­tine Kafan­do est la pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Espoir pour demain, la pre­mière struc­ture de prise en charge des enfants vivant avec le VIH au Bur­ki­na Faso. Une asso­cia­tion très mobi­li­sée sur la pro­mo­tion des pro­grammes de pré­ven­tion mère-enfant.
Lors de la confé­rence de l’U­ni­cef, mi-novembre à Paris, Chris­tine Kafan­do a été une des ora­trices les plus remar­quées. À la tri­bune, son inter­ven­tion a été directe et sans conces­sion. Tout à fait à l’i­mage de cette mili­tante asso­cia­tive, très repré­sen­ta­tive de cette nou­velle géné­ra­tion de femmes afri­caines séro­po­si­tives qui, depuis quelques années, font lar­ge­ment entendre leur voix dans les grandes confé­rences inter­na­tio­nales. « Dans mon pays, on me dit sou­vent que je suis une “grande gueule”. Per­son­nel­le­ment, je le prends comme un com­pli­ment, sou­rit-elle. Parce que lut­ter contre le sida, c’est aus­si ne pas se taire. Et se battre ouver­te­ment pour que soient res­pec­tés les droits des femmes qui vivent avec le VIH-sida. »
Bur­ki­na­baise, Chris­tine Kafan­do est née en Côte d’I­voire. C’est dans ce pays qu’elle a gran­di et appris son métier d’é­du­ca­trice auprès d’en­fants de petite et moyenne sec­tion de mater­nelle. En 1994, elle est par­tie vivre au Bur­ki­na Faso, à Bobo-Diou­las­so, où elle a conti­nué à tra­vailler auprès d’en­fants vivant dans la rue. En 1997, à 25 ans, elle a déci­dé de se marier avec un cama­rade ren­con­tré au lycée. « Le 10 juin 1997, nous sommes allés faire un test de dépis­tage, raconte-elle. J’é­tais infec­tée et lui non. Mais mon mari a accep­té la situa­tion et m’a accom­pa­gnée dans cette épreuve. » C’est avec son sou­tien que Chris­tine Kafan­do, très vite, a déci­dé de créer la pre­mière asso­cia­tion de lutte contre le sida de Bobo-Diou­las­so. « À l’é­poque, aucun trai­te­ment n’é­tait dis­po­nible et j’é­tais per­sua­dée que j’al­lais mou­rir du sida, dit-elle. Mais je me disais qu’il fal­lait me battre pour tous ceux qui vien­draient après moi. »
Au bout d’un cer­tain temps, son mari lui a dit qu’il sou­hai­tait avoir des enfants. Sans se déchi­rer, le couple a alors divor­cé et Chris­tine Kafan­do a déci­dé d’a­dop­ter, seule, deux enfants : un gar­çon en 1999 et une fille en 2002. Ce qui a ren­du sa vie « beau­coup plus belle » mais ne l’a pas empê­chée de pour­suivre tam­bour bat­tant son action asso­cia­tive, notam­ment pour ten­ter de convaincre les femmes enceintes de rejoindre des pro­grammes de pré­ven­tion mère-enfant. Convaincre les femmes, mais aus­si les hommes. « Pour faire avan­cer ces pro­grammes, il faut d’a­bord lut­ter pour le droit des femmes à une plus grande auto­no­mie, dit Chris­tine Kafan­do. Dans cer­tains couples, l’é­pouse doit deman­der à son mari l’au­to­ri­sa­tion d’al­ler faire un test de dépis­tage. Et il arrive sou­vent que celui-ci s’y oppose ou qu’il dise à sa femme que si elle revient avec un test posi­tif, il la met­tra à la porte. »
Chris­tine Kafan­do assure pour­tant que le Bur­ki­na est un pays « plu­tôt tolé­rant » face au sida. « Mais il faut encore se battre pour faire tom­ber cer­taines formes de stig­ma­ti­sa­tion », dit cette mili­tante qui, en 2001, a été la pre­mière femme séro­po­si­tive à témoi­gner à visage décou­vert dans son pays. « J’ai même été prise en pho­to à côté du pré­sident. En fait, j’é­tais allée à ce ren­dez-vous pour qu’il dise publi­que­ment qu’il allait s’en­ga­ger dans la lutte contre le sida et qu’il était prêt à faire lui-même un test de dépis­tage. S’il ne l’a­vait pas dit, j’au­rais plié bagage et je n’au­rais pas fait la pho­to. » En avril der­nier, Chris­tine Kafan­do a reçu la Légion d’hon­neur des mains de l’am­bas­sa­deur de France qui, dans son dis­cours, n’a pra­ti­que­ment par­lé que du sida. Un juste hom­mage pour cette bat­tante qui rêve d’un monde où les enfants gran­di­raient loin du VIH. « Parce que je mesure chaque jour le bon­heur que j’ai, moi qui suis séro­po­si­tive, d’a­voir deux enfants en bonne san­té et qui sont le soleil de ma vie. »

Bien­vault Pierre
Source : http://www.la-croix.com/Archives/2011–11-29/Mobilisation-pour-un-monde-sans-sida-chez-les-enfants.-Une-femme-debout-face-au-sida.-Christine-Kafando-Presidente-de-l-association-Espoir-pour-demain-_NP_-2011–11-29–741760

Commémoration de la journée mondiale des orphelins du sida — DES ASSOCIATIONS AFRICAINES SE MOBILISENT A BRUXELLES — pour la sensibilisation et la prise en charge [06/2011]

6/3/2011

Par Mou­ham­dou Mous­ta­pha Thiam

Le 07 mai der­nier, la com­mu­nau­té afri­caine a célé­bré à Bruxelles la Jour­née Mon­diale des Orphe­lins du Sida. Occa­sion pour les orga­ni­sa­tions Vie pour Tous (Vipot), l’Association Espoir pour Demain (AED), l’association «Libi­ki» et cer­tains orphe­lins du sida d’appeler à la soli­da­ri­té et à la prise en charge des mil­lions d’orphelins de la mala­die, affec­tés et vul­né­rables.

En 2010, on recen­sait 16,6 mil­lions d’orphelins du sida. Ces mil­lions d’enfants affec­tés par la pan­dé­mie, ces mil­lions d’orphelins, ces mil­lions d’enfants vul­né­rables sont à la dérive. Der­rière les sta­tis­tiques se cachent des mil­lions d’histoires d’enfants qui souffrent. Et tous ces enfants lais­sés seuls au monde ne sont que 10 % à rece­voir une aide. Conscientes de ce fléau, quatre asbl ont joint leurs forces avec le sou­tien Onu­si­da, pour orga­ni­ser une confé­rence le 07 mai der­nier afin de célé­brer la Jour­née Mon­diale des Orphe­lins du Sida. Cette jour­née avait pour but essen­tiel de sti­mu­ler les aides de toutes sortes pour ces enfants orphe­lins un peu par­tout dans le monde et sur­tout en Afrique. La branche spé­cia­li­sée de l’Organisation des Nations Unies, Onu­si­da, estime que « 6,4 mil­liards de dol­lars sont néces­saires pour déve­lop­per une réponse glo­bale à l’impact du sida sur les enfants. ». Ces enfants, qui gran­dissent pri­vés de pro­tec­tion, d’éducation, de sou­tien et d’amour ne pour­ront deve­nir adultes et construire une famille dans de bonnes condi­tions. Aujourd’hui, une coa­li­tion d’organisations afri­caines s’élève pour que les enfants soient une prio­ri­té dans la lutte contre le sida. Une manière d’inciter les par­te­naires à consa­crer assez de moyens à la lutte contre le sida à la créa­tion de pro­grammes et que des mesures urgentes soient prises afin de sou­te­nir les orphe­lins et les enfants ren­dus vul­né­rables par le virus. Pour ces orga­ni­sa­tions, la célé­bra­tion de la jour­née mon­diale des orphe­lins du sida est un moment où chaque indi­vi­du peut atti­rer l’attention sur les besoins des plus de 25 mil­lions d’enfants ren­dus orphe­lins par le sida. Les asso­cia­tions essaient ain­si de par­ti­ci­per à la prise de mesures urgentes et prio­ri­taires pour la prise en charge et la réin­ser­tion des mil­lions d’orphelins et d’enfants ren­dus vul­né­rables à cause du sida. Ain­si, par­mi ces asso­cia­tions figurent :

L’asbl « LA VIE POUR TOUS » (VIPOT)
du Congo
La Vie Pour Tous (VIPOT) est une orga­ni­sa­tion non gou­ver­ne­men­tale congo­laise diri­gée par Pau­line Kom­pa­ny Sona, infir­mière spé­cia­li­sée en méde­cine d’urgence. Elle a été créée il y a huit ans sous l’initiative d’une mère de famille confron­tée aux ter­ribles consé­quences de cette pan­dé­mie dans son pays. Au départ , Vipot assu­mait la prise en charge des veuves, des ado­les­centes mères, des jeunes désoeu­vrés, tous vivant avec le VIH et reje­tés par leur famille et la com­mu­nau­té. Après, la prise en charge des enfants, il s’est ajou­té le volet des veuves et des jeunes filles aban­don­nées qui avaient des enfants. Plus tard, d’autres orphe­lins aban­don­nés se sont joints à la seule struc­ture de proxi­mi­té à leur por­tée. Outre les orphe­lins et les enfants vul­né­rables, VIPOT encadre éga­le­ment les adultes vivant avec le VIH dont le nombre s’élève actuel­le­ment à 750. Aujourd’hui, un sou­tien à ces orphe­lins, selon Mme Pau­line Kom­pa­ny Sona, appor­te­ra au conti­nent de demain un béné­fice incom­men­su­rable et « c’est dans cet esprit que je vous invite à réunir nos efforts pour rendre prio­ri­taire la ques­tion des orphe­lins du sida et enfants vul­né­rables dans le monde » sou­tient-elle.

L’as­bl Libi­ki
de Bruxelles
LIBIKI signi­fie GUÉRISON en lin­ga­la, l’une des quatre langues natio­nales la plus par­lée et com­prise sur presque toute l’étendue de la Répu­blique démo­cra­tique du Congo. En bap­ti­sant, l’ong “LIBIKI”, le but prin­ci­pal pour­sui­vi est d’apporter le sou­tien psy­cho­lo­gique, médi­cal et social aux veufs, veuves et orphe­lins atteints du virus VIH, en met­tant à leur dis­po­si­tion un cadre pour s’exprimer, revivre et mettre à pro­fit leur talent et leur savoir au ser­vice des autres. L’association mène depuis Bruxelles des actions afin que les Afri­cains sub­sa­ha­riens en géné­ral et les Congo­lais en par­ti­cu­lier aient accès au trai­te­ment contre le virus du Sida. LIBIKI dont la coor­di­na­trice est Dany Kanye­ba Nyembwe, diplô­mée en ges­tion des Res­sources humaines, mène les acti­vi­tés sou­te­nues et enga­gées en faveur des per­sonnes por­teuses du virus. Libi­ki sen­si­bi­lise aus­si les bailleurs sur les dif­fi­cul­tés qu’éprouvent les Afri­cains à avoir accès au trai­te­ment.

L’Association Espoir pour Demain (AED)
du Bur­ki­na Faso
L’Association Espoir pour Demain (AED) est une asso­cia­tion qui vise à amé­lio­rer les condi­tions de vie de l’enfant en situa­tion dif­fi­cile, à réduire la trans­mis­sion mater­no-foe­tale de l’infection à VIH/SIDA. Ega­le­ment, elle oeuvre pour amé­lio­rer la qua­li­té de vie de l’enfant infec­té ou affec­té par ce virus, de la femme enceinte séro­po­si­tive ain­si que du couple mère-enfant séro­po­si­tif. Créée le 28 jan­vier 2003, l’as­so­cia­tion a été recon­nue offi­ciel­le­ment le 12 mai 2003 par les auto­ri­tés bur­ki­na­bais. Le siège d’AED se situe à Bobo-Diou­las­so. D’autres orien­ta­tions de l’AED est d’appuyer médi­ca­le­ment les enfants séro­po­si­tifs en per­met­tant aux femmes enceintes séro­po­si­tives sui­vies par l’association de béné­fi­cier d’un trai­te­ment afin de limi­ter le risque d’exposition au VIH/SIDA chez les enfants à naître. De sou­te­nir les enfants en leur payant les frais de sco­la­ri­té ain­si que le maté­riel néces­saire, et en assu­rant des cours de rat­tra­page et des acti­vi­tés d’é­veil sui­vis d’un repas au siège de l’AED. A noter que Madame Syl­vie André-Dumont, Com­mis­saire aux comptes, membre fon­da­trice de l’AED a fait la pré­sen­ta­tion de l’association lors d’une confé­rence.

L’association Echos séro­pos d’ici et d’ailleurs
basé à Bruxelles
L’association Echos séro­pos d’ici et d’ailleurs est une asso­cia­tion d’auto sup­ports issue de la sec­tion Sida du Pro­jet Maton­gé asbl. Elle cible prin­ci­pa­le­ment la popu­la­tion issue d’Afrique sub­sa­ha­rienne. Les mis­sions de l’asbl sont l’information et la sen­si­bi­li­sa­tion des migrants, la lutte contre la dis­cri­mi­na­tion, la stig­ma­ti­sa­tion et les injus­tices com­mises à l’encontre des per­sonnes vivant avec le VIH, la créa­tion d’outils de pré­ven­tion adap­tés aux migrants, la col­lecte et la publi­ca­tion de témoi­gnages, la repré­sen­ta­tion des per­sonnes vivant avec le VIH, la par­ti­ci­pa­tion à des confé­rences sur le VIH/Sida, la col­lecte de fonds pour finan­cer ces acti­vi­tés. L’association par­ti­cipe à plu­sieurs jour­nées mon­diales de lutte contre le sida. Elle orga­nise des dîners­dé­bats, des col­loques, et confé­rences autour de la pro­blé­ma­tique. L’asbl per­met éga­le­ment de par­ta­ger le quo­ti­dien des per­sonnes vivant avec le virus et aide à mieux cer­ner leurs pré­oc­cu­pa­tions. Diri­gée par Judith Bisum­bu, une résis­tante ayant bri­sé le mur du tabou, du silence, de l’exil, de la clan­des­ti­ni­té, des pré­ju­gés, de la culpa­bi­li­té, de la fata­li­té, son cou­rage, sa digni­té et son sou­rire sont un hymne à la vie.

Lien : http://www.lenouvelafrique.net/article.php?id_article=552&PHPSESSID=c82079ecbd5cd45938de5ed70b461e74

A MADAME CHRISTINE KAFANDO

4/13/2011

A MADAME CHRISTINE KAFANDO
Mer­cre­di 13 avril 2011

Madame Chris­tine KAFANDO,
………
Mes­dames, mes­sieurs,


C’est  pour moi un grand hon­neur que de pou­voir déco­rer ce soir une très grande per­son­na­li­té de la socié­té civile bur­ki­na­bè, une femme de tête et de cœur, une citoyenne du Bur­ki­na Faso et des causes nobles. Je veux bien enten­du vous rendre hom­mage, Chris­tine KAFANDO.

Avant de retra­cer votre par­cours et les enga­ge­ments qui sont les vôtres, et de rap­pe­ler vos excep­tion­nelles qua­li­tés humaines, je dési­re­rai faire part de quelques remarques pré­li­mi­naires.

Je sou­hai­te­rais vous indi­quer que la remise de déco­ra­tion à laquelle nous allons pro­cé­der concré­tise vos actions inlas­sables conduites et menées en faveur de la lutte contre le VIH SIDA et votre total enga­ge­ment per­son­nel. Je sais que cet enga­ge­ment n’a pas été facile mais l’essentiel a bien été votre refus d’abdiquer vos valeurs et votre inté­gri­té dans un des com­bats majeurs de ce siècle quand par­fois les obs­tacles ou les décep­tions pou­vaient vous décou­ra­ger.

L’hommage que nous vous ren­dons ce soir n’a pas d’autre sens que de recon­naître l’exemplarité de votre par­cours, de faire en sorte que des enga­ge­ments tel que le vôtre soient salués à leur juste valeur.

Per­met­tez-moi de faire un bref retour, qui sera inévi­ta­ble­ment suc­cinct au regard d’un vécu si dense, tel­le­ment il est dif­fi­cile de résu­mer votre par­cours, votre enga­ge­ment de mili­tante cou­ra­geuse dans cette lutte per­ma­nente contre le VIH SIDA.

Votre volon­té de vous inves­tir pour les autres, les plus faibles ou bien les dému­nis appa­rait très tôt, puisque vous aviez choi­si d’être édu­ca­trice pré­sco­laire, à Abid­jan, puis à Bobo-Diou­las­so où vous allez plus par­ti­cu­liè­re­ment enca­drer des enfants de la rue. Et cela, bien que vos jeunes années vous avaient déjà créé quelques bles­sures.

1997, vous avez 25 ans, et en plus de la dou­leur de ne pou­voir avoir d’enfant, vous appre­nez votre séro­po­si­ti­vi­té.

Le choc encais­sé, vous déci­dez de deve­nir membre de l’association de per­sonnes infec­tées et/ou affec­tées par le VIH, Res­pon­sa­bi­li­té Espoir Soli­da­ri­té (REV+).


Dès lors, à tra­vers cette asso­cia­tion, vous vous inves­tis­sez sans ména­ge­ment dans l’accompagnement psy­cho­so­cial des patients vivant avec le VIH. Il s’agissait là d’une nou­veau­té dans les pays en déve­lop­pe­ment.

Pen­dant plu­sieurs années, vous assu­rez, chaque matin, une per­ma­nence médi­co­so­ciale au CHU de Bobo-Diou­las­so, dans le ser­vice du Dr Adrien Sawa­do­go, puis, l’après-midi, au CADI (Centre ano­nyme de dépis­tage et d’information), pre­mier centre de dépis­tage volon­taire et ano­nyme du Bur­ki­na Faso.

Femme, vous déci­dez aus­si de deve­nir mère et vous adop­tez un petit Gilles Dorian, bébé de 3 semaines aban­don­né à l’action sociale. Des jours plus radieux s’annoncent alors, mais cette éclair­cie sera de courte durée, car votre situa­tion fami­liale pâtit éga­le­ment de ce nou­vel enga­ge­ment. Vous n’avez pas encore 30 ans, et votre volon­té aurait pu alors flan­cher.

Mais non, pour cet enfant, votre volon­té de vous battre est ravi­vée, vous conti­nuer le com­bat, celui contre la mala­die, contre la stig­ma­ti­sa­tion, le rejet et la dis­cri­mi­na­tion : le com­bat pour la vie. Et comme vous l’avez dit dans une inter­view : il faut   être po-si-tif !


En 2000, vous sui­vez votre séro­lo­gie depuis désor­mais 4 ans, et vous déci­dez de révé­ler votre séro­po­si­ti­vi­té, à visage décou­vert, dans la salle de confé­rence de la chambre de com­merce, dans le cadre des jour­nées de la san­té de Bobo-Diou­las­so. Acte très cou­ra­geux, et qui a sus­ci­té un res­pect géné­ral.

Dès lors vous allez être à l’origine d’une mul­ti­tude de mou­ve­ments, de stra­té­gies et d’activités en faveur de la lutte contre le VIH, au Bur­ki­na Faso, en France et dans le monde.

Ici, dans votre pays, dès 2001 vous êtes nom­mée comme repré­sen­tante des Per­sonnes Vivant avec le VIH (PVVIH). Vous créez en 2003 l’association « Espoir pour demain » selon le modèle du DR Sawa­do­go pour les patients adultes. Cette asso­cia­tion devient rapi­de­ment une struc­ture de réfé­rence dans la pré­ven­tion de la trans­mis­sion mère-enfant. En 2004, vous êtes Pré­si­dente de la Mai­son des Asso­cia­tions de lutte contre le Sida (MAS) qui regroupe plus de 110 asso­cia­tions. En 2008 vous êtes membre fon­da­teur de la Coa­li­tion des Réseaux et Asso­cia­tions Bur­ki­na­bè de lutte contre le sida et la pro­mo­tion de la san­té. Vous êtes aus­si à cette époque membre de l’Agence Natio­nale de Recherche sur le Sida (ANRS), en France, pour ne citer que cela.


En paral­lèle vous avez acquis une répu­ta­tion hors normes à tra­vers le monde, et par­ti­cu­liè­re­ment en France. Mili­tante réso­lu­ment enga­gée, vous êtes l’invitée de marque de nom­breuses mani­fes­ta­tions inter­na­tio­nales où vous pré­sen­tez le visage d’une Afrique entre­pre­nante et bat­tante.

Vous avez été ame­né à ren­con­trer nombre de per­son­na­li­tés d’envergure inter­na­tio­nale par­mi les­quelles le Pré­sident Jacques Chi­rac, qui en 2006 vous invite à New-York pour le lan­ce­ment offi­ciel du pro­gramme UNITAID, en pré­sence de l’ancien Pré­sident Bill Clin­ton. Il vous invi­te­ra à nou­veau en 2007, en France cette fois-ci, au Forum « Afrique à venir », en pré­lude au som­met Afrique-France de Cannes, où vous faite par­tie des 60 afri­cains – entre­pre­neurs, acteurs cultu­rels et lea­ders asso­cia­tifs-repré­sen­tant le conti­nent.

Votre par­ti­ci­pa­tion a éga­le­ment été très active aux confé­rences inter­na­tio­nales sur le SIDA de Bar­ce­lone en 2002, de Bang­kok en 2004, de Toron­to en 2006, Mexi­co en 2008….Et sur le conti­nent afri­cain éga­le­ment, notam­ment à la Confé­rence Inter­na­tio­nale sur le Sida et les infec­tions sexuel­le­ment trans­mis­sibles, à Dakar, en décembre 2008.


Chère Chris­tine KAFANDO, par­don­nez-moi de n’avoir pu évo­quer ici que quelques aspects — for­cé­ment trop limi­tés de votre action. J’ai pris la liber­té de le faire, car je sais qu’elle tend tout entière au ser­vice de l’autre, à la recon­nais­sance de la place de chaque être dans une socié­té en mou­ve­ment qui doit faire face à une pan­dé­mie pla­né­taire, celle du VIH SIDA.

Chère Chris­tine KAFANDO,
En recon­nais­sance de votre action en faveur de la lutte contre le VIH SIDA,
Au nom du Pré­sident de la Répu­blique,
nous vous remet­tons les insignes de Che­va­lier dans l’Ordre Natio­nal de la Légion d’Honneur.

Emma­nuel Beth, Ambas­sa­deur de France au Bur­ki­na Faso

PAMAC – UNDP Support Programme for Associations and NGOs – celebrating Christine Kafando!

1/29/2011

http://acelebrationofwomen.org/
Janua­ry 29, 2011

Burkina Faso: Women help stop the spread of HIV and AIDS

Bur­ki­na Faso – 27-year old Assié­tou was pre­gnant with her third child when she dis­co­ve­red that she was HIV posi­tive.
“I thought it was the end of the world,” she recalls. “I imme­dia­te­ly thought about my hus­band and I was very wor­ried about his reac­tion. In the end, I sum­mo­ned up all my cou­rage and went to talk to him.”
Assiétou’s hus­band, Laoua­li, imme­dia­te­ly agreed to go to a volun­ta­ry scree­ning centre, where he found out that he is also HIV posi­tive.
Today, they both receive free treat­ment from the UNDP Sup­port Pro­gramme for Asso­cia­tions and NGOs (Pro­gramme d’appui au monde asso­cia­tif et com­mu­nau­taire) other­wise known as PAMAC.
The broad-based pro­gramme was set up by UNDP in 2003 on request from the Natio­nal AIDS Coun­cil. It is made up of 142 civil socie­ty orga­ni­za­tions and six natio­nal net­works wor­king to prevent the spread of HIV and AIDS in the coun­try. This nation­wide mobi­li­sa­tion has hel­ped reduce the HIV and AIDS pre­va­lence rate from 7 percent in the 1990s, to 2 percent in 2007.
Assié­tou was tes­ted thanks to a group of women volun­teers who are part of the PAMAC net­work, and who conduct infor­mal dis­cus­sions with people living in dif­ferent vil­lages about the risks of HIV.
They also orga­nise plays and film scree­nings fol­lo­wed by debates, rai­sing issues such as the impor­tance of wea­ring a condom, HIV tes­ting and pre­ven­ta­tive action. Assié­tou and Laoua­li are among tens of thou­sands of Bur­ki­na­bé who have bene­fi­ted from PAMAC’s nation­wide work to raise public awa­re­ness on HIV and AIDS.
Since Janua­ry 2009, 175 women’s groups have been invol­ved in 1,345 edu­ca­tio­nal ses­sions, rea­ching some 150,680 people, more than half of whom are women. 1,560 people have recei­ved HIV scree­ning tests, and 30 indi­vi­duals who tes­ted posi­tive are cur­rent­ly recei­ving treat­ment in the areas cove­red by the women.
More broad­ly, in addi­tion to these advo­ca­cy efforts, during 2010, the PAMAC net­work pro­vi­ded increa­sed access to infor­ma­tion, coun­se­ling and tes­ting ser­vices, and home-based care to more than 74,000 HIV patients – almost half of whom are orphans and disad­van­ta­ged children.

“Inno­va­tive South-South Part­ner­ships to achieve Results in the HIV Res­ponse: Empo­we­ring Civil Socie­ty Orga­ni­sa­tions in West Africa”

Chris­tine Kafan­do Pro­gramme d’Appui au Monde Asso­cia­tif Com­mu­nau­taire de Lutte Contre le VIH/SIDA (PAMAC)
As the first HIV posi­tive woman to speak out open­ly in Bur­ki­na Faso, Chris­tine Kafan­do is a signi­fi­cant figure in the res­ponse to HIV in the coun­try. The 8th born of a fami­ly of 23 chil­dren, her ear­ly edu­ca­tion was abrupt­ly inter­rup­ted by a for­ced mar­riage. With the help of her siblings, she mana­ged to flee and take refuge with a mater­nal aunt who lived miles away from her parents. There, she was trai­ned as a pres­chool tea­cher and, in 1989, was employed as a pres­chool tea­cher in a kin­der­gar­ten room.
In 1994, she joi­ned Dis­pen­saire Trot­toir, an asso­cia­tion dea­ling with street chil­dren and chil­dren of poor fami­lies, in which she wor­ked as the offi­cer in charge of the nur­se­ry sec­tion. While she was enga­ged in this­new job, in 1997 her life chan­ged again – she tes­ted posi­tive for HIV, begin­ning her fight against the disease, her fight against stig­ma, rejec­tion and dis­cri­mi­na­tion, and her struggle for life.
In 1997, she foun­ded the Asso­cia­tion for REVS (Res­pon­si­bi­li­ty, Hope, Life and Soli­da­ri­ty) to help res­tore hope to people living with HIV in the city of Bobo-Diou­las­so. Within this struc­ture, she ser­ved suc­ces­si­ve­ly as Depu­ty Secre­ta­ry and Assis­tant Trea­su­rer. In 1998 she wor­ked as a psy­cho­so­cial advi­sor for people living with HIV in the depart­ment of inter­nal medi­cine, where she orga­ni­sed self-help groups and home visits for those in need.
Ms. Kafan­do then crea­ted an asso­cia­tion to deal spe­ci­fi­cal­ly with chil­dren living with HIV. The first of its kind in Bur­ki­na Faso, the asso­cia­tion of which she is Pre­sident qui­ck­ly became a refe­rence struc­ture in the pre­ven­tion of mother-to-child trans­mis­sion and the sup­port of chil­dren infec­ted and affec­ted and their fami­lies.
In Sep­tem­ber 2006, Ms. Kafan­do was invi­ted by Pre­sident Jacques Chi­rac of the French Repu­blic to attend the offi­cial launch of the UNITAID pro­gramme in New York. Ms. Kafando’s cur­rent posi­tions include: Pre­sident of the Asso­cia­tion Espoir pour Demain (AED); Chair­man of the Mana­ge­ment Com­mit­tee of the Mai­son des Asso­cia­tions (MAS); Repre­sen­ta­tive of people living with HIV at the Per­ma­nent Secre­ta­riat of the Natio­nal Coun­cil for the Fight Against AIDS and Sexual­ly Trans­mit­ted Infec­tions; Second Vice Pre­sident of CCM / Glo­bal Fund; Chair­man of the Board of REGIPIV (Net­work for a Grea­ter Invol­ve­ment of People Living with HIV); Mem­ber of pro­ject selec­tion Sidac­tion (France); Mem­ber of the Scien­ti­fic Sec­tor 6 of the ANRS (Natio­nal Agen­cy for AIDS Research), France; and Mem­ber of the Tech­ni­cal Advi­so­ry STF (The Future Secure / Secure the Future) Bris­tol-Myers Squibb.
http://acelebrationofwomen.org/?p=41173

Star­ted in 2003 as a spe­cial pro­gramme for streng­the­ning the capa­ci­ty of civil socie­ty orga­ni­sa­tions (CSOs), PAMAC has achie­ved mea­su­rable suc­cess in Bur­ki­na Faso, inclu­ding:
•uni­ting CSOs from a varie­ty of diverse groups (groups of People Living with HIV, women from rural areas, youth, sex wor­kers, and so on) into one uni­fied net­work of orga­ni­sa­tions
•ongoing skills-buil­ding for CSOs around orga­ni­sa­tio­nal, tech­ni­cal, mana­ge­rial, and finan­cial topics, and
•empo­werment of civil socie­ty, not just as advo­cates, but as those deli­ve­ring results.

Under PAMAC’s lea­der­ship, 182 civil ser­vice orga­ni­sa­tions now deli­ver the fol­lo­wing cri­ti­cal ser­vices, adap­ted to the local context:

  • A strong VCT pro­gramme, deli­ve­ring 85% of Bur­ki­na Faso’s VCT services.
  • An HIV edu­ca­tion pro­gramme deli­ve­red to 1 mil­lion people each year.
  • A strong home-based care pro­gramme, deli­ve­ring ser­vices to 31,000 people a year.
  • Crea­tion of a favo­rable envi­ron­ment for an ART pro­gramme, inclu­ding pro­mo­ting adhe­rence to ART.
    These suc­cesses are now being sha­red regio­nal­ly in South-South exchanges with many dif­ferent coun­tries, inclu­ding Benin, Gui­néa-Cona­kry, Niger, and Togo. With tech­ni­cal assis­tance from PAMAC staff, the Pro­gramme d’Appui aux orga­ni­sa­tions de la Socié­té Civile (PASCI) has been deve­lo­ped in Togo using the PAMAC model.